Jayantha Dhanapala est le candidat officiel du gouvernement sri-lankais à la fonction de Secrétaire général des Nations unies.
Ce poste est actuellement occupé par M. Kofi Annan, dont le second mandat prend fin en décembre 2006.
Soumis traditionnellement à la règle de rotation géographique, le poste échoit maintenant à l’Asie. Jayantha Dhanapala se présente en tant qu’un des deux candidats officiels de ce continent.
Originaire du Sri Lanka, Jayantha Dhanapala est à l’heure actuelle conseiller spécial du président du Sri Lanka, S.E. Mahinda Rajapakse. Au cours de l’année 2004, il fut sollicité par son gouvernement pour promouvoir le processus de paix dans son pays natal.
Tout au long de sa de sa carrière, il s’est distingué en tant qu’intermédiaire sur le plan national et de diplomate dans l’arène internationale, oeuvrant en faveur de la paix. Expert en désarmement, il a également fait preuve de compétences notables en matière de normes universelles non discriminatoires, de règles de l’État de droit, de la réalisation des objectifs du Millénaire pour le développement tout en explorant dans l’intérêt collectif de la communauté internationale diverses questions d’intérêt général concernant les pays en voie de développement.
Secrétaire général du Secrétariat pour la coordination du processus de paix (SCOPP) jusqu’à fin novembre 2005, il vient de renoncer à ses fonctions afin de se consacrer plus complètement à sa candidature au poste de Secrétaire général des Nations unies.
Outre ses diverses activités et responsabilités au Sri Lanka, Jayantha Dhanapala poursuit ses activités sur le plan international, en particulier son travail au sein d’organismes tels la Commission internationale sur les armes de destruction massive, le Conseil d’administration de l’Institut international de recherche sur la paix de Stockholm (SIPRI), le Comité International de la Croix-Rouge (CICR), le Conseil universitaire des Nations unies, le Centre pour le contrôle démocratique des forces armées de Genève (DCAF), le Conseil consultatif de l’Institut de Stanford pour les études internationales, le Conseil international du Centre international de Bonn pour la conversion, le Conseil consultatif du Centre d’études sur la non-prolifération et l’Institut d’études internationales de Monterey. Il est également président honoraire du Bureau international permanent de la paix (BIP).
De 1962 à 2004, Jayantha Dhanapala a connu une brillante carrière, passant du secteur privé au service public, aux Nations unies et au monde universitaire, tissant des liens avec tous les milieux de la société – cercles dirigeants, chefs d‘Etat et de gouvernement compris. Il a bien évidemment été amené à collaborer avec une grande diversité de cultures et de nationalités.
Après avoir travaillé dans le secteur privé au Sri Lanka, il se présente en 1965 au concours du service diplomatique de son pays (Sri Lankan Foreign Service) et se classe premier à l’examen d’entrée. Il a ensuite été en poste à Londres, à Beijing, à Washington et à New Delhi avant sa nomination comme ambassadeur aux Nations unies à Genève (1984-87) puis à Washington (1995-1997).
Son parcours diplomatique lui a donné l’occasion d’aborder de manière active, voire innovante, de nombreuses questions politiques, économiques et commerciales et des sujets aussi importants que le désarmement, les droits de l’homme et la culture, aux niveaux bilatéral et multilatéral.
Il a représenté le Sri Lanka et a présidé des groupes de travail au sein du mouvement des non-alignés, lors de conférences SAARC, à des assemblées du Commonwealth, des conférences sur le désarmement et des réunions relatives au traité sur le désarmement. Il s’est également distingué au CNUCED, à la Commission des Droits de l’Homme et au sein d’autres organisations placées sous l’égide des Nations unies telles l’OIT, l’OMS, l’OMPI, l’OMM.
Sa présidence, en 1995, de la conférence d’examen et d’extension du Traité de non-prolifération nucléaire lui valut la considération et l’estime de tous. On lui sut gré de mettre au point un ensemble de décisions équilibrant le double objectif de non-prolifération et de désarmement nucléaires en tenant compte des intérêts de tous les États, ceux détenant l’arme nucléaire et les autres, qui fut finalement adopté sans qu’un vote soit demandé. En 1996, le gouvernement australien l’invita à se joindre à 17 éminentes personnalités internationales participant à la publication au sein de la Commission de Canberra d’un important rapport sur le désarmement nucléaire et la non-prolifération nucléaire.
Formé à la gestion d’entreprise, Jayantha Dhanapala s’est appliqué à mettre son considérable savoir-faire en la matière au service de l’administration publique et des organisations internationales. C’est à ses dix ans passés au sein de la direction qu’il doit sa familiarité avec les rouages des Nations unies. Travaillant en étroite collaboration avec les représentants du personnel et les délégations des États membres, il en a tiré une précieuse expérience et de solides compétences en matière de ressources humaines et de gestion budgétaire.
Il a d’abord été Directeur (D2) de l’Institut des Nations unies pour la recherche sur le désarmement (UNIDIR) à Genève (1987-92), orientant l’Institut vers une politique de plus grande autonomie financière visant à élargir le nombre de pays donateurs et de fondations contributrices. Il s’est également appliqué à étendre son aire de recherches aux menaces non militaires contre la sécurité, animant la publication de manuels destinés aux délégations à la Conférence sur le désarmement, offrant des filières de formation pour les chercheurs de pays en voie de développement, reliant en réseau divers instituts de recherche régionaux ainsi qu’en augmentant le nombre et l’impact des publications de l’UNIDIR.
Suite à la réforme des Nations unies de 1997, Jayantha Dhanapala fut directement choisi par M. Kofi Annan pour exercer la délicate fonction de Secrétaire général adjoint du Département du Désarmement nouvellement rétabli (1998-2003).
Au cours de son mandat, il a été l’artisan du rôle prépondérant des Nations unies pour mettre un terme à la prolifération d’armes légères de petit calibre, de mines antipersonnel, d’armes conventionnelles et de destruction massive, tout en renforçant les normes existantes et les normes en cours de constitution dans d’autres domaines.
Aux Nations unies, il fit preuve d’innovation en matière de gestion (conditions de travail, égalité entre les sexes...) ainsi que de désarmement. C’est ainsi qu’il a mené à bien le programme « armes en échange du développement » en Albanie et dans d’autres régions du monde tout en liant entre eux des programmes de développement, d’action en faveur de l’environnement et d’éducation pour la paix.
M. Dhanapala a bénéficié d’une solide éducation humaniste. Après l’obtention de sa licence en lettres (avec mention) de l’université de Peradeniya au Sri Lanka, il a décroché un diplôme de maîtrise en études internationales à la American University de Washington, D.C. En 1977, il se familiarise avec le monde universitaire en tant que diplomate en résidence au Centre d’études sur la non-prolifération de l’Institut d’études internationales de Monterey aux Etats-Unis, se consacrant à des recherches et à la rédaction d’un ouvrage sur une approche mondiale non discriminatoire en matière de désarmement.
Auteur de quatre livres et de plusieurs articles parus dans diverses publications à vocation internationale, Jayantha Dhanapala a été invité à prononcer des conférences dans de nombreux pays du monde. La fondation MacArthur lui a attribué une bourse pour défrayer ses recherches et la rédaction de son ouvrage sur la diplomatie multilatérale et le Traité de non-prolifération des armes nucléaires (TNP), présentant le point de vue d’un initié, publié par l’UNIDIR à Genève en 2005. Ses contributions à la vie et à la communauté internationale ont été largement saluées par de nombreuses prestigieuses distinctions décernées par exemple par l’université de Georgetown, de Washington D.C., l’Institut d’études internationales de Monterey, le Ploughshares Fund ainsi que par la School of International Service de l’American University, à Washington D.C., pour son rôle en matière de diplomatie et de désarmement.
En 2002, l’Alan Cranston Peace Award lui fut attribué. Il s’est également vu décerner plusieurs diplômes, dont un doctorat en lettres honoris causa de l’université de Peradeniya, Sri Lanka (2000), un doctorat ès lettres honoris causa de l’Institiut d’études internationales de Monterey, É.-U. (2001), un doctorat en Sciences sociales de l’université de Southampton, au Royaume-Uni (2003), un doctorat en lettres honoris causa de l’université sri-lankaise de Sabaragamuwa (2003).
Communicateur éloquent et efficace face à toutes sortes de publics, Jayantha Dhanapala a, par exemple, prononcé le discours à la mémoire d’Olof Palme à l’Institut international de recherche sur la paix de Stockholm (SIPRI) en 1999 et une autre en 2003 à Pugwash honorant la mémoire de Dorothy Hodgkin. Il a également publié des articles dans des publications internationales comme l’International Herald Tribune et, au Royaume-Uni, le Financial Times.
Né le 30 décembre 1938, M. Dhanapala est marié et père de deux enfants (une fille économiste et un fils employé au UNHCR de 1992 à 1994 et à nouveau depuis 1995). Il parle couramment le cinghalais, sa langue maternelle, et l’anglais. Il s’exprime également avec aisance en français et en chinois. |